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K5 le robot suicidaire de Knightscope

K5_RobotSuicidaire

On en apprend tous les jours. K5 le robot vigile de chez Knightscope vient de se suicider. Bon, ok, la news est à prendre avec des pincettes et on est plus dans le titre pute à clics qu’autre chose. Reste que voici ce que j’écris dans « Mon collègue est un robot » sur ce robot dont la fonction final est quand même plus de filer des pins que d’en prendre. Que les choses soient claires, je n’avais pas prévu qu’il se suicide 🙂 

K5 le robot vigile (ou flic, c’est selon)

En commençant ce livre, j’espérais découvrir des robots cool, innovants, utiles, révolutionnaires. Je savais aussi que j’allais tomber sur des robots flippants. Pas forcément physiquement, même si de ce point de vue aussi il y a ce qu’il faut[1], mais inquiétants par leur comportement.

K5 n’est pas, physiquement, inquiétant. Regardez-moi ça, il est présenté comme une sorte de R2D2. Et tout le monde aime R2D2 non ? Oui, sauf que celui-ci pourrait bien vous envoyer en tôle AVANT que vous n’ayez commencé à chourer le sac de la petite vieille devant vous.

K5_RobotSuicidaire

Eh oui, la société Knightscope fondée par des anciens de Ford Motor a pour but de déployer plein de K5 pour réduire la criminalité.

D’un point de vue robotique, K5 est suréquipé mais à force de voir des robots suréquipés, on en vient à considérer que c’est la norme :

  • GPS, c’est la base, histoire de savoir s’il est sur l’étoile noire ou Tataouine.
  • Un LIDAR 3D pour cartographier la cible. La cible peut être vous. Grâce à son Lidar 3D, K5 remarquera que vous avez un gros ventre, ou qu’un flingue tremblote au bout de votre main.
  • Caméra HD 360 degrés pour pas se prendre un coup de crosse par derrière.
  • Caméra thermique pour les petits malins, en sueur, planqués dans le massif de roses.
  • Caméra à infrarouge pour la vision de nuit. Oui, fini les malfrats qui s’échappent parce que les flics ont des problèmes de vues.
  • Radar pour déterminer la vitesse, l’altitude, la direction des personnes ou objets évoluant autour de lui.
  • Détecteur ultrason pour mesurer les distances, ne pas se cogner, bref se mouvoir à la cool dans les villes.
  • Reconnaissance optique de personne. Il peut scanner des images et les comparer à une liste de visages stockée, au hasard, dans une base de données de personnes recherchées. Amis gangsters, prévoyez une hausse du budget chirurgie esthétique.
  • Enregistrement audio. Enregistrement qu’on pourra surement trafiquer plus tard mais ça…
  • Analyse de comportement : pourquoi êtes-vous allongé alors que tout le monde court ? K5 pourrait considérer que c’est anormal et sévir.
  • Accessoirement, il peut monitorer la qualité de l’air. Pour déterminer la dose de gaz lacrymogène acceptable ?

Bon et alors ? Et alors, ce robot est un robot de surveillance. Il est conçu pour arpenter des zones publiques (école, campus, lieux publics), prévenir les offenses et repérer les comportements suspects. C’est là où ça se corse.

Les données que collecte le robot en temps réel sont analysées par une plateforme prédictive et une base de données dite de « social engagement ». Comprenez que les données seront confrontées à des bases de données gouvernementales. Que si le gouvernement indique que « personne ne doit courir », tous les K2 du monde vont considérer que courir est « suspect » et doit donc être signalé ou traité. La prochaine fois que vous courrez à Disney Land, si vous vous prenez un coup de taser, vous saurez d’où ça vient.

Actuellement, officiellement, le robot ne peut qu’alerter une patrouille d’humains. Mais du radar laser au taser, il n’y a qu’un pas. Et comme on n’a peur de rien, la société qui le commercialise le présente fièrement comme un « descendant » des precog de « Minority Report ». Ces personnes qui permettaient d’arrêter les criminels avant qu’ils ne commettent un crime. Ça promet : vous tirez une tronche de dix mètres de long ? Vous réfléchissez sûrement à un mauvais coup. Au trou ! Vous courrez pour attraper le bus ? Au gnouf. Vous ressemblez étrangement à ce violeur en série ? Un coup de taser dans les parties, dans le doute. Cerise sur le gâteau, la patrouille coûtera, tenez-vous bien, 5 euros de l’heure. C’est en tous cas l’objectif affiché.

Vous imaginez sans peine les dérives que ce type de robot peut engendrer. Mais, allez-vous me dire, ce n’est pas pour demain ? Non, c’est pour aujourd’hui puisque 30 entreprises ont déjà fait part de leur volonté d’acheter des robocop K5 et qu’il patrouille déjà dans la silicon valley. Ami vigile, la reconversion t’attend.

Lien : Knightscope

Video :Une patrouille

[1]Allez jeter un oeil à la vidéo de Morphex juste avant de vous coucher.

Si ça vous a plu, il y en a une quarantaine comme ça dans « Mon collègue est un robot » !

Les robots ne pourront jamais …

Lesrobotsnepourrontjamais

Depuis que j’ai commencé à faire des recherches pour écrire « Mon collègue est un robot« , je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu ou lu « Les robots ne pourront jamais » faire ceci ou cela. Et chaque fois, quelques années, mois ou parfois semaines après, ils peuvent. Cela m’a donné envie de répertorier tout ce que les robots ne pourront jamais faire et d’ajouter, au fur et à mesure, les premiers tests ou succès dans chaque domaine. Si vous avez d’autres exemples, écrivez-moi ou laissez un commentaire.

Se déplacer

OK, vous arrivez un peu tard. Les robots, comme les enfants, ont commencé à se mouvoir il y a déjà un paquet de temps. Que ce soit Elektro et son clebs vers 1937 ou Shakey en 1969. Bref, les robots peuvent se déplacer depuis longtemps. Aujourd’hui, ils font plus des trucs comme ce Morphex.

Marcher

Avant de parler, un humain marche alors pour les robots, c’est pareil ? A peu près. Eric fut un des premiers robots à se mouvoir. Il fit une apparition remarquée en 1928 en Angleterre.

OK, cette boite d’aluminium ressemble plus à un automate. Pour le premier robot bipède, à se déplacer comme un grand, il y a Wabot de l’université créé par l’université de Waseba au Japon. Et il marche à l’énergie solaire s’il vous plait !

Parler

Pour toute personne qui suit de près ou de loin l’actualité des robots, c’est un nom événement. Les robots parlent depuis très longtemps. Depuis Erik et Elektro d’ailleurs. Et sinon on voit souvent Sophia en ce moment, mais encore une fois, ce n’est plus une prouesse depuis longtemps.

Converser

Mais ok, parler c’est une chose, converser c’en est une autre. Mais il y a tellement de robots capables de parler aujourd’hui. Siri, l’assistant d’Apple mais aussi des nombreux robots au Japon -et ailleurs- et ce petit hybride franco-japonais, Pepper, qui renseigne les usagers en gars de Nord-sur-erdre. Lorsque les robots discutent à Nord-Sur-Erdre, on peut supposer qu’ils ont déjà conquis le monde entier… Même s’il faut l’avouer, sa conversation reste bien chiante pour le moment.

Courir

Et c’est vrai que lorsqu’on voit Asimo, un robot de Honda marcher comme un petit vieux sous acide, on se dit qu’ils ne pourront jamais courir les robots. Et puis arrive Wildcat de Boston Dynamics ou Google. Mais dès 2009, et même avant, les robots humanoides courraient.

Conduire

Grand classique ! En 2015 encore, alors que les preuves étaient là, la discussion finissait toujours par « oui mais il y a quand même un humain à côté », « oui mais c’est en test », « oui mais il ne pourront jamais conduire dans des villes normales ». Aujourd’hui, entre Uber qui démarre à Pittsburg, Navya la startup française qui déploie son mini bus à Lyon et les premiers taxis sans chauffeurs qui roulent à Singapour depuis Août 2016. La messe est dite. Et la généralisation pourrait arriver plus vite que prévue. Sans parler de Google et Tesla ni tous les autres…

Faire à manger

Il y a déjà tellement de robots sur le marché pour faire à manger, que je ne sais pas par où commencer. D’abord les robots qui ont vocation à remplacer les employés de fastfood et font peser le risque d’un armageddon de l’emploi. Voici donc Flippy qui a commencé à bosser en avril 2017.

Mais je vous vois venir, vous allez objecter que vous, c’est les pizza ! Qu’à cela ne tienne :

Et puis il y a une deuxième catégorie, plus tournée restauration classique et/ou robot de cuisine. Mais là aussi, c’est possible. Et certains robots apprennent des recettes de cuisine en regardant youtube…

On continue ? Je mettrai à jour la page à chaque fois que je verrai un « Les robots ne pourront jamais faire ceci ou cela » et que je trouverai le robot qui le fait déjà.

« Emplois de merde à géométrie variable » ou « comment l’IA et les humains vont tuer les emplois décents »

Robot_IA_Emplois

Les robots, l’automatisation et l’IA (puisqu’il faut coller de l’IA partout pour faire genre) vont détruire des millions d’emplois. Si la cause est entendue par à peu près tout le monde, on diverge sur les conséquences et les nouveaux emplois. Mais sur les métiers menacés ? Eh bien j’ai noté une tendance prononcée à la schizophrénie que je vous soumets, car il y a deux manières radicalement opposées de considérer le boulot de merde selon qu’il est d’hier ou d’aujourd’hui. Alors que moi, bêtement, je croyais que seul l’état de celui qui faisait le boulot de merde importait.

À mort les métiers de merde d’hier

Lorsque j’évoque les métiers menacés, et les populations qu’il y a derrière, très souvent l’argument maître arrive : “Mais ce sont des jobs pénibles, compliqués, alors tant mieux s’ils disparaissent”. Et ainsi, au détour d’une phrase qui se veut de bon sens, bim, 500 000 familles se retrouvent dans la merde parce qu’on a estimé que leur boulot était trop compliqué, trop dur. Génial, mais vous faites quoi à la place ? “On va trouver”.

Que de considération! Que d’empathie! Mais venant de la bouche même de ceux qui trouvent normal que notre société laisse crever des gens de faims, oblige des travailleurs pauvres à dormir dans leur voiture, pousse dans la misère des populations entières, cette sollicitude me fait tiquer. Et je trouve un peu léger cette manière de balayer leur situation d’un « leurs boulots sont trop durs alors c’est bien qu’ils disparaissent « . En ajoutant au besoin qu’ils n’auront qu’à se former*

Mais admettons, car je partage cette idée qu’il n’y a pas de raison que les boulots des plus démunis soient si durs, si pourris, si mal payés. Au passage, celui ou celle qui raye d’un trait tous ces métiers ne fait JAMAIS les métiers en question. J’aimerais bien qu’on débarque dans leur bureau “ton boulot est TROP DUR, rentre chez toi. Si je t’assure, c’est MIEUX pour toi”.

Mais enfin, admettons oui, l’automatisation va tuer certains emplois qui auraient dû disparaître depuis longtemps car dangereux, précaires, mal payés etc.

Vive les métiers de merde de la startupnation

Les mêmes qui souhaitent la disparition de ces emplois de merde, devraient tout faire pour faciliter l’apparition de boulots décents. Logique non ? Pourtant lorsqu’il s’agit de créer des nouveaux emplois, nos mêmes pourfendeurs des métiers TROP DURS, n’ont pas de mots assez forts pour célébrer les jobs pourris à la foodora, deliveroo, uber et toute la clique.

Là bizarrement, c’est “génial, ces boulots pour ces jeunes qui en veulent”, “ça n’a jamais fait de mal à personne de pédaler un peu”. Bah alors ? Et si toi on ajoutait des pédales à ton fauteuil de ministre et qu’on te casquait toutes les 50 bornes, à part l’accoudoir de ta mercedes, t’arriverais à te payer quoi dans le mois ?

J’observais des livreurs d’une de ces boites de “services” et bordel, en 5 ans, on a réussi à dézinguer le salariat et à créer des esclaves modernes, officiels, et en plus il faudrait le célébrer. Si le seul avenir de la personne qui a un métier de merde d’hier, c’est un métier de merde d’aujourd’hui, c’est-à-dire aussi pourri mais avec 10 fois moins de garanties, expliquez-moi où est le progrès? Pour ceux qui font le job hein, par pour le compte de résultat de votre start-up bidon ou votre boîte de consulting d’influenceurs en bullshit.

Que ceux qui ne sont rien se sacrifient pour ceux qui vont réussir

Bref, je supporte de moins en moins cette espèce de satisfaction puante lorsqu’on joue avec les vies de gens qui sont déjà dans des conditions compliquées. À mort les boulots de merde ? Oui ! Ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Et vous savez quoi ? Les robots, l’IA et l’automatisation nous permettent de saisir cette opportunité pour relancer le système, le réinventer pour offrir à toutes et tous une vraie chance. Pas aux mêmes 5% de nantis qui se servent sur la laine des 95% restant. Pas à ceux qui pensent qu’on n’est rien si on n’exploite pas les autres

PS: je précise à toutes fins utiles que la référence « emplois de merde » ne s’applique pas à l’activité mais bien aux conditions dans lesquelles elle s’exerce : on peut prendre son pied à faire n’importe quel boulot, ce n’est pas une raison pour vivre dans l’insécurité, la précarité etc…

Automne | La piscine

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AutomneInterviews_LaPiscine

La série d’interviews Automne reprend. Après une superbe surprise avec Blaise Jourdan, écrivain, proposé par Neil Jomunsi, nous continuons la balade en sérendipité avec l’équipe de La piscine, revue graphique et littéraire, soufflée par Thierry Crouzet.

La piscine ?

La Piscine est née en juillet 2015. C’est une revue graphique et littéraire à lire en diptyque et tête-bêche. Deux côtés, une face A et une face B à retourner comme nos beaux vieux disques vinyles. Se retourner : c’est ce que l’équipe des maitres-nageurs de La Piscine propose. Se retourner et se retrouver au fond des eaux comme à la surface grâce à la littérature et aux arts graphiques qui nous et plaisent à nos lecteurs.

Nous : ce sont quatre personnes autour d’un projet simple et ambitieux. Diffuser la création contemporaine dans une publication épurée mais riche, simple mais intelligente, belle mais exigeante et qui se veut aussi légère que profonde comme un après-midi d’échanges entre amis au bord de l’eau. Nous sommes quatre, Louise, Philippe, Christophe, et Alain, à vouloir transmettre ce qui nous anime : la beauté de la langue et l’excitation de l’iris.

La revue publie tout genre de littérature et d’arts visuels sans restriction ni dictât. De façon non-exhaustive, il y a de la place pour de la poésie contemporaine, de la prose poétique, de la fiction ou de la non-fiction autant que pour les arts graphiques au sens large (dessins, photographies, gravures, BD, street-art, etc.) Nous nous réservons le droit de ne publier que ce que nous trouvons cohérent dans un ensemble. Il se peut donc qu’un ou plusieurs genres mentionnés plus haut ne soient pas inclus dans tel ou tel numéro.

La Piscine est ouverte. Les auteurs et artistes peuvent y venir quand ils le souhaitent nous proposer des textes, des œuvres et répondre aux appels à contributions. La Piscine existe pour faire connaître ces créateurs-là qui n’ont pas nécessairement la visibilité qu’ils méritent.

Les maitres nageurs ?

Alain Mouton (Photographe-plasticien )
Christophe Sanchez (Auteur )
Louise Imagine (Propriétaire de la Cyprière où se situe La Piscine, auteur, membre du comité éditorial de Publie.net, Photographe
Philippe Castelneau (Libraire, auteur, photographe)

A quoi reconnait-on un lieu sans âme ?

Ces lieux sont partout en définitive : tours d’immeubles, bureaux dits « open spaces », centres d’appels, parkings de supermarché, zones industrielles, usines désaffectées, salles d’attente, cabinets médicaux, halls d’accueil, maisons abandonnées, rues, lotissements en construction, jardins publics, aires d’autoroute, chantiers en cours : lieux transitoires et fonctionnels, mais aussi lieux d’errance.
Le but dans notre numéro sur « l’âme des lieux sans âme » fut donc de présenter le regard des auteurs, photographes et artistes sur ces lieux. De démontrer que lorsque le quotidien s’enraille, pour qui sait regarder, les murs cachent d’autres murs, invisibles au premier coup d’œil. Que derrière le banal se dissimulent la magie et le mystère. La vraie vie.

Une influence ou une référence à la base du plongeon ?

Nos influences sont diverses mais nous nous sommes trouvés sur un point de ralliement précis. Faire découvrir les auteurs et artistes que nous côtoyons tous les jours, sur le web ou ailleurs, donner la parole à ce qui est en train de se créer, une parole littéraire et artistique contemporaine.

Vous lancez une revue papier sans version numérique. Pourquoi ?

Nous œuvrons tous les quatre dans le numérique. Certains ont même publié dans ce format. Nous n’excluons pas plus tard de présenter une version numérique mais dans un premier temps, nous souhaitions, outre tout ce qui est dit plus haut, présenter un bel objet de qualité. Une revue qui s’approche d’une revue d’art avec une exigence de qualité (couverture sur offset 250g/m², pages intérieures offset 120g/m², dos carré cousu).

Votre ambition pour la suite de La Piscine ?

Des centaines de numéros ! Mais aussi diversifier nos publications au sein de l’association La Cyprière, éditrice de la revue. Organiser des expositions autour de La Piscine, des événements, des lectures, des dédicaces etc.… Et également, dans un avenir proche, devenir une véritable maison d’édition de littérature et d’arts graphiques en gardant cette exigence de qualité dans la confection de nos ouvrages.

Jacques Brel a dit « Le talent c’est d’avoir envie de faire des choses, le reste c’est de la sueur ». Un avis ?

Philippe : Disons que si l’on veut progresser dans quelque chose, il faut du travail, de la rigueur, de l’engagement et une bonne dose d’abnégation.
Alain : Et comme dit si bien Jean-Claude Van Damme “Le talent, ça se travaille, mais ça ne se perd pas.”
Louise : Je dirais que notre souhait de partager, d’échanger, de donner à connaître et ressentir donne des ailes ! Quand nous recevons de si belles contributions, il est impossible de ne pas avoir envie de les défendre et de les diffuser !

Une publication ou un livre inconnu* à nous faire découvrir ?

Christophe : Ce n’est pas inconnu, loin de là, mais peut-être aujourd’hui un peu oublié : Les autonautes de la cosmoroute de Julio Cortázar et Carol Dunlop, 1983, Collection du monde entier, nrf/Gallimard
Louise : Là aussi, loin d’être inconnu, mais son écriture – forte et poétique – est peut-être moins sous les projecteurs actuellement : Le Dit de la Terre Plate de Tanith Lee, pour les amateurs du genre (je préviens c’est de la Dark Fantasy).
Philippe : Daily Fiction d’Albéric d’Hardivilliers et Matthieu Raffard aux éditions Ateliers INS. D’Hardivilliers imagine de courtes fictions, une page, parfois deux, à partir des photos de Raffard, prises à Brooklyn, Paris ou Odessa. Un très beau livre.
Alain : Entretien avec Fabienne Verdier – Charles Juliet aux éditions Albin Michel

Un.e auteur.e inconnu.e à nous faire découvrir ?

Pour rebondir sur le propos de Thierry, il faudrait effectivement dire « auteur méconnu » plutôt qu’inconnu, ce serait plus juste. Quatre noms, puisque nous sommes quatre :
– Christophe : Dominique Boudou
– Louise : la philosophe Isabelle Pariente Butterlin
– Philippe : le poète Emmanuel Laugier
– Alain : les auteur(e)s que nous publions dans la revue (ceux pour qui c’est le premier « plongeon »)

Une question qu’on ne vous jamais posée ?

Celle-ci !

Le volume 2 de La Piscine sera à base de coïncidence, ça tombe bien, cette série d’interviews repose sur la sérendipité. Thierry Crouzet a proposé votre revue. Alors après, j’interviewe qui ? Vous pouvez mettre deux ou trois personnes (ou plus si le cœur vous en dit).

Roxane Lecomte
Le collectif L’air Nu
Philippe Aigrain
Sabine Huynh

* comme le fait remarquer Thierry Crouzet, si vous connaissez ce n’est pas totalement inconnu mais vous voyez l’esprit

Olive, le serveur de « Une tarte dans la gueule »

Nom

Olivier Pécherot, dit Olive.

Description

Olive est un serveur Parisien, la trentaine, marié à Sylvie, père d’un petit Clément. Un jour, un client lui met une tarte dans la gueule, à 10h00 du matin. Olive y voit un signe du destin, plaque son taf et se met en quête de liberté. Mais Olive n’est pas très futé, manque de recul, il fonce tant qu’il peut en espérant qu’il n’y aura pas de mur sur le chemin. Ah, et il picole beaucoup. Beaucoup trop.

Lieu

Paris et plus particulièrement Belleville.

La phrase choc

Le comptoir, c’est un vicieux ; il te soutient alors t’as pas l’impression de tomber. Mais quand ta gueule touche le sol, lui, il est à la même place et le sang, la sueur et la honte restent les tiens.

Fait d’arme

Il monte un bar restaurant avec ses potes, ses potes alcooliques.

Apparition(s)

Héros de « Une tarte dans la gueule » mon premier roman noir. Il fait également une apparition discutable dans « La Greffe« , une nouvelle du premier recueil des Nouvelles Noires pour se Rire du Désespoir, « Le goût de la vie« .

CouvertureTarteDansLaGueulePetitSD Nouvelles Noires Volume 1

Automne | Blaise Jourdan

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La série d’interviews Automne se poursuit. Après Mélanie, blogueuse, voici Blaise Jourdan, écrivain, proposé par Neil Jomunsi.

Blaise Jourdan ?

C’est un pseudonyme que je me suis choisi quand j’ai décidé de prendre l’écriture au sérieux. Je voulais garder une séparation avec mon activité professionnelle.

Pour te découvrir, tu conseilles quoi ?

Blaise Jourdan marisa

Je conseillerais de lire Marisa, parce que ça synthétise beaucoup de préoccupations personnelles. C’est l’histoire d’un homme qui prend conscience qu’il n’existe pas. Du moins, c’est l’idée que j’avais en tête au départ ; je voulais creuser ce sentiment d’inquiétante étrangeté à la Philip K. Dick.

Mais comme je ne sais jamais de quoi vont parler mes histoires tant que je n’ai pas fini de les écrire, celle-ci est finalement plus large que le concept initial : chacun l’interprète comme il veut, mais je crois que c’est une nouvelle qui parle du rapport entre l’art et la vie, de l’art comme soutien et stimulant de la vie. Il y a une différence entre exister et vivre, et vous savez ce qu’on dit : « beaucoup de gens existent mais peu savent vivre ». La nuance n’est pas facile à saisir, du moins si l’on veut aller au-delà du cliché des adolescents qui accusent leurs parents de ne pas vivre parce qu’ils ne font pas la fête. Mais après avoir écrit Marisa, j’ai compris un peu mieux ce que ça signifiait.

Auto-édité ?

Oui, auto-édité parce que je fais des expériences, et que je voudrais créer une sorte de repaire sur internet, où tomberaient régulièrement des histoires courtes, assez rythmées et menant toujours quelque part. Ma vie personnelle ne m’a pas laissé beaucoup de place pour m’organiser ces derniers mois, mais ça devrait bientôt se calmer. D’ici la fin de l’année, je compte commencer à publier un feuilleton, et j’ai l’intention de frapper fort.

Ta nouvelle « Les dernières cendres » est uniquement disponible sur Amazon. C’est gênant ou pas ?

Je ne sais pas. Disons qu’il y a au moins un avantage pratique à publier sur Amazon, c’est qu’il suffit d’un clic au lecteur pour que le texte soit envoyé sur sa liseuse. Sur mon site, à moins de lire les nouvelles dans le navigateur, il faut télécharger les fichiers et se les envoyer par mail ou les transférer par USB.

D’autre part, « Les dernières cendres » est payante parce qu’elle est un peu plus longue que les nouvelles du site. D’autres devraient arriver bientôt.

J’ai lu ta nouvelle « Métamorphoses », tu peux en parler un peu ?

Blaise Jourdan metamorphoses

C’est l’histoire d’une bande de potes qui se réveillent à demi transformés en sangliers après une grosse cuite. C’est une idée qui m’est venue un matin de gueule de bois, et à laquelle je voulais donner une tournure un peu méchante, drôle et vulgaire, grand-guignol aussi, à la manière des Contes de la crypte. J’adore cet univers, cette espèce de cruauté rigolarde, avec des personnages qui sont souvent des pauvres cons, des gens mesquins, complexés, confrontés à des situations épouvantables qui les punissent par où ils ont péché. Je suis souvent tenté d’y retourner, j’y prends beaucoup de plaisir.

Finalement, pour Métamorphoses, je n’ai pas pu m’empêcher d’y mettre aussi un peu de tendresse, parce que ces gros lourds d’étudiants, qui parlent des filles entre eux comme des cadors mais deviennent tous penauds quand il faut assumer, je les ai connus et j’en ai fait partie.

Le roman et le lecteur de roman vont disparaitre pense Philip Roth. Un avis ?

J’avais lu son interview : « je peux vous garantir que dans trente ans, il y aura en Amérique autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui de lecteurs de poésie en latin ». C’est radical mais justement, c’est intéressant d’essayer de comprendre pourquoi il dit ça.

Et je vois notamment une raison, c’est qu’on oublie aujourd’hui ce que la littérature a de spécifique en tant que culture. Si Roth parle de « vraie littérature », c’est sans doute par opposition à cette tendance moderne à considérer la littérature comme du cinéma écrit : la seule valeur du roman, ce serait l’histoire ou le message qu’il rapporte. C’est vrai mais ce n’est pas suffisant, car il y a certaines composantes culturelles qui n’appartiennent qu’à la littérature : on n’est pas éduqué de la même façon par la littérature et par le cinéma, un peu comme on n’est pas éduqué de la même façon en terres chrétiennes et en terres bouddhistes.

En plus de l’histoire, la littérature c’est aussi le silence, les mondes intérieurs, l’introspection, le dialogue avec l’auteur… Mais plus profondément encore, c’est une façon d’interpréter le monde à travers des codes narratifs qui n’ont aucun rapport avec ceux de l’image : par exemple, le fait de structurer un récit en paragraphes, chacun introduisant et développant une nouvelle idée ; ça n’a l’air de rien parce qu’on n’y pense jamais, mais ça structure l’intellect, ça éduque la pensée dans une certaine direction. Une civilisation de grands lecteurs ne peut pas ressembler à une civilisation de grands cinéphiles, même si les deux ont une passion pour les histoires ; l’une est dressée pour les mots et les phrases, l’autre pour la composition et le montage. Ils ne voient pas le monde de la même façon, et ils ne vivront sans doute pas de la même façon.

Or l’une des particularités de l’Occident moderne, c’est la culture du roman. Dans Notre Dame de Paris, quand Victor Hugo écrit que l’imprimerie tuera l’architecture, c’est lié : l’esprit critique occidental est né de l’exploration du monde par la littérature, et peut-être pourrait-on même dire par le roman. Et c’est l’imprimerie, en disséminant l’esprit romanesque, qui a éduqué les peuples européens dans une certaine direction, leur a appris à penser d’une certaine façon, et les a conduits jusqu’à la mort de Dieu.

Mais, pour mille raisons (dont, sans doute, l’attrait des écrans, mais on pourrait se demander si la littérature ne contenait pas en elle-même son propre poison), l’époque contemporaine se détache des livres : elle ne leur trouve plus d’intérêt que comme vecteurs d’histoires. Je maintiens que l’histoire est cruciale, mais nous passons nos vies à raconter des histoires, sans arrêt : si la littérature a une valeur, c’est parce qu’elle est une manière particulière de le faire. Alors la « vraie littérature » c’est celle qui tire profit des spécificités littéraires pour explorer un certain rapport au monde : pour caricaturer, un mauvais roman ne vous apprend rien d’autre que les événements de l’histoire qu’il raconte, il vous divertit ; un grand roman vous éduque.

Je pense que c’est de ce lien des individus à l’esprit littéraire dont parle Roth. Sans doute que dans 30 ans, les peuples occidentaux seront plus éduqués par les vidéos que par la littérature. La suite de notre destin sera structurée par l’image plus que par le texte.

Est-ce raisonnable, souhaitable de vouloir vivre de ses écrits ?

Raisonnable ou non, ça regarde celui qui a une idée en tête et qui y croit. Mais judicieux, je ne suis pas sûr. Il me semble relativement évident que l’argent se trouve aujourd’hui dans le cinéma, dans la télé, dans les chaînes YouTube, mais de moins en moins dans les livres (à l’exception de quelques coups marketing et grands raconteurs d’histoires, comme J.K. Rowling). On peut toujours rêver de vendre les droits d’un roman à un studio de cinéma, mais vivre de ses histoires comme un artisan vit de sa production me paraît irréaliste, surtout en France. Je rejoins en ça le diagnostic de Philip Roth : bien que les plateformes d’autopublication montrent qu’il y a toujours énormément de gens qui écrivent, nous sommes pourtant de moins en moins une civilisation littéraire, une civilisation de mots (on voit d’ailleurs comme beaucoup de ces romans publiés sur Internet sont issus d’une culture visuelle ; ils décrivent des scènes de films). Ca m’ennuie parce que j’adore la littérature, mais après tout c’est mon problème, et j’ai toujours la possibilité de lire beaucoup et d’écrire beaucoup.

De plus en plus de personnes s’éloignent des réseaux sociaux, en disparaissant complètement ou en réduisant leur activité. Et toi ?

Je suis souvent tenté de tout couper. Je supporte à peine Twitter, par exemple. J’y suis souvent, mais il y règne une telle puanteur ressentimentale, une telle hargne, une telle culture de la plainte, du grognement, de l’indignation, que je trouve difficile de ne pas y céder aussi. Rester dans le positif réclame un effort.

Mais enfin, pour l’instant je ne réduis rien du tout. Je n’ai pas de mal à m’en décoller, le week-end ou en vacances, et ça ne manque pas.

Comment découvres-tu de nouveaux livres ?

Par recommandations ou par proximité avec les livres que j’ai aimés.

Un livre inconnu* à nous faire découvrir ?

Kaputt, de Curzio Malaparte. L’auteur était correspondant de guerre sur le front de l’est, pendant la seconde guerre mondiale. Il y rapporte ses souvenirs, qui sont parfois vraiment malsains (en tant que capitaine de l’armée fasciste italienne, il est souvent invité à dîner à la table de dignitaires nazis, et raconte les longues et pénibles conversations mondaines, souvent sans fil conducteur, les politesses, les piques et les blagues, les digressions interminables des Allemands sur leur bien-aimée Kultur, dont ils se gargarisent avant d’emmener tout le monde devant le mur du ghetto juif pour tirer sur des enfants, comme on va au théâtre), parfois hallucinants d’horreur baroque. Le style lui-même devient alors presque fou, les descriptions surchargées pourraient avoir inspiré certaines visions cauchemardesques de films d’horreur contemporains. C’est un livre à part, bizarrement écrit, foisonnant, parfois barbant, parfois traumatisant, assez difficile à lire mais qui vaut la peine.

Un.e auteur.e inconnu.e* à nous faire découvrir ?

Pas vraiment inconnu mais sous le radar médiatique : Philippe Jaenada. Vous pouvez tout lire, mais commencez par Le chameau sauvage. Je l’ai lu à 18 ans, je ne m’en suis jamais remis. C’est formidable, généreux, sincère, joyeux et tragique, et c’est un des très rares livres qui m’ont véritablement fait pleurer de rire au point de devoir interrompre la lecture, tellement je m’y reconnaissais et tellement le style emporte tout sur son passage. Jaenada a vraiment inventé une façon de raconter qui n’appartient qu’à lui, mais qui est en même temps d’une simplicité désarmante. On ne voit pas ça souvent.

Une question qu’on ne t’a jamais posée ?

Quel est le roman que tu aurais aimé avoir écrit, et après lequel tu aurais estimé que plus rien ne pouvait t’arriver ? Je réponds quand même : c’est Ça, de Stephen King. C’est en le lisant que j’ai « senti » pour la première fois ce que c’était que la littérature.

Tu arrêtes quand d’écrire ? (la question qu’on n’a jamais posée à Neil Jomunsi)

Peut-être quand je serai vieux. Il y a un aphorisme de Nietzsche que j’aime beaucoup, dans Humain, trop humain : il suppose qu’on doit ressentir une joie presque maligne à voir son corps vieillir, à sentir ses capacités mentales diminuer, tout en sachant qu’on a mis sa vie dans les livres qu’on a écrits, et qu’on l’a ainsi préservée, en quelque sorte. De notre corps, il ne reste déjà plus que de la cendre ; le feu de la vie a été sauvegardé, et il peut agir sur les lecteurs, se propager dans le temps, déployer ses effets dans le monde, etc. C’est un peu comme si un homme regardait de loin un voleur s’approcher de son coffre-fort, tout en sachant que celui-ci est vide et que l’argent est en sécurité ailleurs. La vieillesse et la mort peuvent venir, elles ne trouveront plus grand chose à emporter.

Toute la question, bien sûr, c’est de savoir comment exprimer le feu de sa vie, le feu de sa jeunesse. Comment lui donner une voix sans le trahir, sans le rapetisser. C’est cet objectif-là qui m’obsède.

C’est Neil Jomunsi qui a indiqué ton nom pour cette série d’interview : un mot sur Neil ?

J’admire son énergie créatrice et le soin qu’il met dans tout ce qu’il fait. C’est toujours beau, toujours généreux, et il ne se moque pas de son public. Je suis de près son actualité, j’ai beaucoup aimé quelques très belles nouvelles du projet Bradbury, et apprécié son roman Kappa 16. En revanche je suis moins client du côté pulp des éditions Walrus, je trouve ça bizarrement anachronique.

Cette série d’interview repose sur la sérendipité. J’interviewe qui après ? Tu peux mettre deux ou trois personnes et une question à ajouter si tu as envie

Tu pourrais interviewer Loïc Dessèbre. C’est quelqu’un qui « cherche », qui se pose des questions, et qui se dit lui-même en cours d’apprentissage du métier d’écrivain. J’aime bien ça. Il y a aussi Saint Epondyle, du blog Cosmo Orbüs, pour les mêmes raisons, et parce que je trouve que c’est quelqu’un de « solide », qui développe une pensée vraiment personnelle, ce qui est très rare.

Et puisque tu parles de sérendipité, voici un menuet de Haendel joué par Anne Queffelec (la soeur de Yann), et un très beau poème d’Edmond Rostand :

Les rois mages

Ils perdirent l’étoile, un soir ; pourquoi perd-on

L’étoile ? Pour l’avoir parfois trop regardée.

Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,

Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,

Mais l’étoile avait fui, comme fuit une idée.

Et ces hommes dont l’âme eût soif d’être guidée

Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,

Se dit « Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,

Il faut donner quand même à boire aux animaux. »

Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse,

Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux

Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence.

Je suis joie. Cyrano reste ma pièce et mon personnage préférés de tous les temps. Alors voir débarquer Rostand dans cette série d’interviews, si c’est pas de la sérendipité heureuse ça ! Un grand merci à Blaise pour la richesse de ses réponses. La prochaine fois, on retrouvera l’équipe de la Piscine proposée par Thierry Crouzet (que je devais mettre cette semaine mais je suis à la bourre).

55 nouvelles, 5 interviews, 3 romans, 3 recueils, 2 essais, 1 salon, 1 novella. Des chiffres et des lettres.

Hello, petit bilan classique de presque mi-année en chiffres et en lettres : projets, démarchages, nouveautés.

La fête du livre d’Autun

Je suis allé faire un tour sur mon premier salon « La fête du livre d’Autun », un très bon souvenir notamment grâce à une organisation sans faille et des bénévoles d’une gentillesse confondante. La petite vidéo que j’avais tournée sur place est en ligne depuis peu.

3 romans

Quoi 3 romans ? Mais ils sont où ? Eh bien, Une tarte dans la gueule est toujours disponible pour la modique de somme de 2 euros en numérique et 10 euros en papier. Le deuxième roman est enfin parti chez quelques éditeurs triés sur le volet. Retour d’ici 2-3 mois. Et le troisième, un spin off de « Une tarte dans la gueule » sera publié quelque part en 2017, mais je réfléchis encore à la meilleure manière de faire.

Une tarte dans la gueule

Un premier roman noir aux dialogues enlevés.

2 essais

Bon, je parle d’essai pour « Mon collègue est un robot » mais je devrais plutôt parler de roman d’anticipation en fait. C’est plus vendeur et plus proche de la réalité. La suite est écrite et là aussi chez quelques éditeurs mais je me demande si je ne devrais pas en faire une série de chroniques pour des magazines. J’ai le titre que je vous dévoilerai un peu avant la publication – là aussi quelque part en 2017 voire début 2018.

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55 nouvelles

J’ai publié ma 55ieme nouvelle il y a peu : 37 Nouvelles noires pour se rire du désespoir et 18 Refaits divers. J’adore écrire des nouvelles. Je n’imagine pas continuer à écrire sans passer, régulièrement, par la nouvelle. Les refaits divers entament la fin de leur deuxième saison et nous avons lancé un appel à textes et recueilli quelques contributions de qualité. Je commence de mon côté à répondre à des appels à texte également et c’est comme ça que je me suis retrouvé dans un recueil de nouvelles d’auteurs indépendants (ou Autoédités ou autopubliés):

L’indé Panda

Je vous recommande chaudement ce magazine : 12 nouvelles de 12 auteurs dans des styles différents mais avec un niveau d’exigence rassurant. En plus c’est gratos alors que demande le peuple. Et vous pourrez y relire « La dent » qui est un peu mon best seller :-). Sur les 11 autres nouvelles, la plupart valent le détour.

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Un monde meilleur

Le deuxième recueil des « Nouvelles noires pour se rire du désespoir » est sorti et il s’appelle « Un Monde Meilleur« . 20 nouvelles sur le monde qui vient. Entre rire et larmes. 2€ en numérique et 10€ en papier! Le premier volume « Le goût de la vie » est toujours disponible, au même prix.

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1 novella

Quoi? Tu te lances dans les feux de l’amour? Non, une novella c’est un court roman. En fait à la base, c’était un genre littéraire, et depuis quelques années on le voit tourner pour définir un court roman. Je vais soit le sortir cet été en feuilleton, soit en livre à la rentrée. C’est très très con, totalement régressif et ne plaira peut-être pas à grand monde mais j’écris pour me faire plaisir d’abord.

5 interviews

J’ai lancé une série d’interviews autour du livre, de la création, de la sérendipité : « Automne« . Déjà 5 au compteur et beaucoup à venir. Et j’adore, totalement le résultat. Qui commence à bouger puisque l’idée c’est que l’interviewé.e propose la personne à interviewer après.

Et la suite niveau écriture ?

C’est vrai, je ne vous parle que de l’écrit, pas de ce sur quoi j’écris. Et c’est normal parce que annoncer un projet, c’est prendre le risque qu’il ne voit jamais le jour. Sachez quand même que je travaille sur le quatrième roman et que la publication de nouvelles ne va pas s’arrêter de sitôt.

Automne | Mélanie de L’évasion Littéraire

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On continue la série d’interviews Automne. Après Benjamin Fogel, place à Mélanie, blogueuse. 

Mélanie?

Effectivement, je m’appelle Mélanie, sur internet comme dans la vraie vie, j’ai 17 ans, je viens du sud de la France (Toulouse) et je tiens mon blog littéraire par passion pour la lecture mais aussi pour le partage depuis le 13 mai 2015.

L’évasion Littéraire ?

Ce nom est né à la création de mon blog, il me fallait un nom qui ressemblait à ce que je voulais présenter sur celui-ci, il était évident qu’il serait littéraire et le meilleur moyen de décrire les moments de lectures que les petits comme les grands lecteurs apprécient tant était d’en parler comme d’une évasion à travers les pages, faire abstraction de ce qui est réel le temps d’un livre, ou même de plusieurs, « L’évasion Littéraire » m’a alors semblé évident. C’est un nom que je ne regrette pas et que je trouve simple, efficace et reconnaissable.

Tu as lancé « Je lis les auto-édités« , Ils/elles ont besoin de soutien ?

En effet, les auto-édités sont des auteurs qui peinent à faire connaître leurs livres pour la simple et mauvaise raison que les gens ne sont pas ouverts à ce qui n’a pas de succès dans l’immédiat, or il est évident qu’un auteur indépendant n’étant pas rattaché à une grande maison d’édition a plus de mal à connaître ce succès que les lecteurs recherchent, pour ne pas être déçus et ne pas regretter leurs achats. Beaucoup ne veulent que le meilleur, mais c’est justement là qu’ils font une énorme erreur, tous les livres publiés par des maisons d’éditions ne sont pas nécessairement meilleurs que les livres auto-édités, le contraire est également vrai, mais nous pouvons trouver dans les deux de très bons livres. Mais les gens n’osent pas se lancer et les auteurs auto-édités restent dans l’ombre, ce qui est vraiment regrettable car un grand nombre d’entre eux méritent vraiment de connaître le succès qu’ils n’ont malheureusement pas à cause des lecteurs qui ne leur laissent pas leur chance. Ils ont aussi besoin de soutien dans le sens où ils ne sont pas très connus, promouvoir soi-même son livre n’est pas si simple et beaucoup ne connaissent même pas l’existence de l’auto-édition, c’est justement la que nous autres, blogueurs littéraires, pouvons nous rendre utiles!

Livre d’éditeur classique Vs Autoédité.e* ?

Je pense que ce que le livre d’éditeur classique a de plus que le livre auto-édité, c’est simplement un objet livre plus travaillé, puisque les éditions proposent des services d’impression, de maquette (…) alors que l’auteur auto-édité doit s’en charger lui-même et il n’est pas forcément qualifier pour et ne dispose pas forcément du même matériel (etc…), il est vrai que les livres auto-édités contiennent souvent plus de fautes de frappe que les livres d’édition classique, mais au niveau du contenu, je ne pense pas qu’il y en ai un meilleur que l’autre, tout dépend des goûts, ce n’est pas parce qu’un livre est retenu et édité par une édition qu’il va forcément plaire à tout le monde.

Pour découvrir des autoédités, tu fais comment ?

Je fonctionne beaucoup avec les réseaux sociaux comme twitter et instagram, c’est d’ailleurs pour cela qu’il est très important pour les auteurs d’être présents sur les réseaux sociaux afin de pouvoir échanger directement avec les lecteurs, j’en découvre énormément en tombant sur les pages des auteurs, en discutant avec eux, attirée par une couverture, simplement parce que j’ai vu tel ou tel livre sur un blog, si une personne m’en a parlé ou encore par les recommandations Amazon…

Une préférence ?

Ne citer qu’un livre me paraît beaucoup trop compliqué, mais j’ai adoré « Question de temps » de Link, « Yggdrasil » de Myriam Caillonneau, « La rumeur » de Solenne Hernandez, « Habeas Corpus » de Victor Boissel… Des livres très originaux que j’ai vraiment beaucoup aimés, il y en a pour tous les goûts.

Le roman et le lecteur de roman vont disparaître pense Philip Roth. Un avis ?

Je pense que c’est totalement faux! Le lecteur est bien loin d’être une espèce en voie de disparition! Il n’y a qu’à regarder dans les transports en communs, les gens lisent, pour faire passer le temps ou comme je le disais, pour s’évader, nous vivons dans une société ou le stress et l’anxiété sont très présents, chacun à ses propres problèmes et fuir la réalité un moment est très recherché. De nos jours nous pouvons trouver tous les sujets possibles et imaginables dans les livres, il y en a pour tous les goûts et chacun peut trouver ce qui lui plaît, si le format est au coeur des débats (le numérique qui remplacerait le papier…), l’existence même du roman n’est pas remise en question, loin de la. La communauté littéraire dans le monde entier en est la preuve (Les blogs, booktubes, bookstagram…), le roman ne s’essouffle pas et toutes les générations lisent. Avez-vous lu Fahrenheit 451 de Ray Bradbury? Un tel monde n’existera jamais, pour notre plus grand bonheur. 

Parler livre sur Instagram, ça marche ?

Plus pour certains que pour d’autres, pour ma part, je ne suis pas forcément très influente sur instagram par rapport à d’autres (1000 abonnés environ) mais c’est un réseau social que j’adore, j’accorde beaucoup d’importance à la couverture des livres (même si je sais qu’il ne sert à rien de juger un livre à sa couverture) et beaucoup sont vraiment très doués pour les mettre en scène et font de très belles photos qui donnent bien souvent envie d’en savoir plus sur les livres présentés. De plus c’est un moyen simple et rapide pour échanger avec d’autres passionné(e)s de lectures. Je fais beaucoup de très belles découvertes grâce à instagram.

Des envies d’écriture ?

Souvent, mais je ne m’en sens absolument pas capable et je n’ai ni le temps, ni le talent, ni l’inspiration. J’admire les auteurs. 🙂 

Un livre inconnu à nous faire découvrir ?

C’est naturellement vers l’auto-édition que je me tourne, puisqu’inconnus, et pour ne pas reciter les mêmes que précédemment, je dirai « Forever Young » de Charlotte Orcival.

Un.e auteur.e inconnu.e à nous faire découvrir ?

Nico Bally, peut-être pas inconnu, mais un auteur que j’apprécie.

Une question qu’on ne t’a jamais posée ?

C’est peut-être parce qu’on ne me l’a jamais posé qu’elle ne me viens pas à l’esprit. 🙂 
Pas de proposition d’interview suivante pour Mélanie que vous pouvez retrouver sur twitter et instagram. La sérendipité fait un premier arrêt par ici. Qu’à cela ne tienne, prochaine interview ? L’équipe de La Piscine sur une idée de Thierry Crouzet !

L’indé Panda 3 | Un magazine pour découvrir des auteurs indépendants

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Il y a deux mois je décidais de soumettre une nouvelle à un appel à textes pour la première fois. Et j’ai choisi l’Indé Panda parce que le numéro 1 m’avait bien plu. Visuel travaillé, présentation soignée et nouvelles de qualité, ce qui n’est pas toujours le cas dans la galaxie des autoédités. Je soumis donc « La dent », ma première nouvelle. Et quelques semaines plus tard, je reçus une réponse positive. Et le numéro 3 de l’Indé Panda est là. Je n’ai pas encore tout lu mais voici déjà mes retours sur les premières nouvelles au menu :

IndePanda3Éternicide – SAID

Si vous avez aimé « Un Monde Meilleur« , les 20 nouvelles qui composent le volume 2 des « Nouvelles Noires Pour Se Rire Du Désespoir« , vous allez adorer cette nouvelle dans le même esprit. Une réussite.

Bon Dieu Bourdieu ! – Nicolas Chevolleau

Une histoire de vacances en Ford Escort qui fleure bon la nostalgie, un peu loufoque.

Le destin de Dvalin – Stéphane Arnier

J’avoue, j’ai moins accroché à cette histoire mais elle n’est pas mal écrite ni rien, juste pas trop ma came.

Willy – Céline Saint-Charle

Pour l’instant ma préférée avec « Eternicide ». Une histoire sur plusieurs niveaux qui se passe au 19ieme et au 20ieme siècle, lente mais passionnante. Originale et très bien écrite.

Citius Altius Fortius – Bouffanges

Peut-être la nouvelle la plus fort de tout le magazine. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas déflorer le sujet mais très intense.

Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi – Caroline Giraud

Une nouvelle désespérante parce que, eh bien, elle ressemble beaucoup à la réalité. J’avais chroniqué le roman de Caroline Giraud « La loi de Gaia » et le hasard nous amène dans le même recueil de nouvelles.

Le Coin des curieux – Didier Betmalle

L’ambiance est sympa, et le côté absurde ou disons impossible résonnera peut-etre pour certains lecteurs avec les Nouvelles noires pour se rire du désespoir.

Mes petits chéris – Khalysta Farall

La seule nouvelle à laquelle je n’ai pas accrochée. Trop convenu à mon sens et sans surprise.

La couturière et l’oiseau – Nathalie Bagadey

Une courte histoire, bien amenée, légère et subtile.

Le plus beau métier du monde – Jeanne Sélène

Chers lecteurs – Jean-Christophe Heckers

Les autres micro critiques arrivent rapidement. En attendant, vous pouvez vous procurer l’Indé Panda partout !

Automne | Benjamin Fogel

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On continue la série d’interviews « Automne » avec Benjamin Fogel. Je le laisse se présenter parce que le monsieur a beaucoup d’activités.

Benjamin Fogel ?

35 ans / Cofondateur de Playlist Society (Revue et Maison d’édition) / Auteur du Renoncement de Howard Devoto (2015 – Le mot et le reste) et de Swans et le dépassement de soi (2016 – Playlist Society)

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Blogueur ?

J’ai commencé à bloguer en 2007 alors que Playlist Society n’était encore que mon blog personnel. Presque 10 ans plus tard, je me considère toujours comme un blogueur qui écrit de manière irrégulière sur des sujets qui le touchent. J’ai toujours beaucoup d’affection pour ce terme et pour cette idée d’espace d’écriture autonome soumis à quasiment aucune règle.

Ecrivain ?

On m’a posé cette question peu après la sortie du Renoncement de Howard Devoto lors d’un festival littéraire qui avait pour thème « les premiers romans ». A l’époque j’avais répondu que non, qu’on ne pouvait pas se prétendre écrivain parce qu’on avait publié un seul livre, le tout dans un contexte où tout le monde écrit et où il y a déjà beaucoup trop de livres. Les autres auteurs interviewés avaient sensiblement répondu la même chose. François Alquier, qui animait la rencontre, avait alors souligné combien nos réponses étaient typiquement françaises. Qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre, un écrivain était quelqu’un qui avait publié au moins un roman chez un éditeur, et que les auteurs assumaient ce titre sans se poser la question. Je me suis senti un peu bête et faussement modeste en l’écoutant. Alors depuis, quand on me dit « Ecrivain ? », je réponds « Oui ».

Editeur ?

Si on m’avait posé la question il y a trois ans, j’aurais répondu « Je voudrais bien, mais je ne vois pas comment ce serait possible ». Après 6 livres publiés en deux ans par les éditions Playlist Society et une dizaine de projets en cours de développement, il semblerait bien que ce soit le cas.

Il faut être fou pour être éditeur en 2017 ?

Non je ne crois pas. Il y a toujours besoin de publier des livres en lien avec l’histoire, l’actualité et les évolutions socio-culturelles. Ce n’est pas impossible d’être éditeur en 2017. Pas besoin d’être fou pour ça. Il faut juste être prêt à travailler beaucoup avec en seule ligne de mire le fait que les livres restent essentiels.

Pour te découvrir, tu conseilles quoi ?

Aller boire des bières avec moi \o/

Pour découvrir Playlist Society éditions, tu conseilles quoi ?

Oh j’aime beaucoup tous les livres qu’on a publiés. Je dirais juste de choisir celui pour lequel on a le plus d’affinité avec le sujet.

Le roman et le lecteur de roman vont disparaître pense Philip Roth. Un avis ?

Je ne suis pas du tout adepte de ces théories dystopiques. Le lecteur de roman va évoluer, et les écrivains vont continuer d’écrire. Cette interview de Philip Roth où il parle du roman comme d’un animal mort remonte à 7 ans déjà, et le roman est toujours là – voire même particulièrement en forme en 2016. On peut questionner l’utilité du roman, mais pas son existence. L’écriture permet toujours d’aborder des émotions inaccessibles par l’image, par le cinéma et par les jeux-vidéos. Tout coexistera. Le roman perdra parfois du terrain, mais il aura toujours un espace bien à lui.

L’industrie du live a-t-elle un avenir (en tant qu’industrie) ?

Je cite le Syndicat National de l’Edition : « Après cinq années consécutives de baisse,  le revenu net des éditeurs a amorcé une légère reprise en 2015. Il a progressé de 0,6 % en valeur et de 3,5 % en volume, passant de 2,652 milliards d’euros en 2014 à 2,667 milliards d’euros pour un total de 436 millions d’exemplaires vendus ». Le livre, c’est un marché difficile, mais, à ce stade, ça reste totalement un marché. Ce qui ne veut pas dire que les acteurs d’aujourd’hui seront sont de demain.

Les réseaux sociaux semblent s’atrophier. Tu le ressens ou pas ?

Je ne pense pas qu’ils s’atrophient. Je crois qu’ils se stabilisent. Ils sont maintenant tellement intégrés à nos vies, qu’ils n’attirent plus l’attention comme avant. Mais au quotidien, Twitter et Facebook m’apparaissent toujours aussi essentiels.

Comment découvres-tu de nouveaux livres ?

Par le plus de canaux possibles. Les livres peuvent venir de partout. Je reste attentif.

Un livre inconnu* à nous faire découvrir ?

Oh bah sans surprise, La Bouche de Francis Bacon de Michael Gira, recueil de nouvelles affreusement gênantes. Un des rares livres qui m’a vraiment filé la nausée.

Un.e auteur.e inconnu.e* à nous faire découvrir ?

Pas inconnu, loin de là même, mais je m’étonne toujours qu’on ne parle pas plus souvent d’Albert Cossery dont l’économie des mots n’a d’égal que son goût pour la paresse.

Une question qu’on ne t’a jamais posée ?

Quel est le livre que tu rêves d’écrire ?

Est-que que tu te sens seul (c’est la question qu’on n’a jamais posée à Thierry Crouzet) ?

A cet instant précis, non. Mais c’est le genre de question dont la réponse varie malheureusement selon les moments.

Cette série d’interview repose sur la sérendipité. J’interviewe qui après ? Tu peux mettre deux ou trois personnes  (et une question pour elles si tu le souhaites).

Elise Lépine, critique littéraire à Transfuge et à France Culture, raison notamment pour laquelle je ne me sens pas seul à cet instant précis.

Je confirme que pour découvrir Benjamin la bière est un bon moyen. Je vous conseille son Swans et le dépassement de soi d’une noirceur rafraichissante pour une livre sur un groupe de musique. Je n’ai pas lu le renoncement de Howard Devoto mais je suis à peu près sûr qu’il y a un livre pour vous chez les éditions Playlist Society

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