Pour inaugurer la rubrique « Excursion en Auto-édition« , j’ai choisi d’acheter « Sanctum Corpus » de Olivier Saraja. Pourquoi ? Surement parce que je l’ai vu passer sur le twitter de l’auteur et aussi parce que j’ai un a priori positif sur le monsieur. J’aime bien sa tête et j’aime bien ses tweets. J’avais déjà acheté « Zombie Kebab » chez Walrus mais comme je ne suis pas fan des histoires de zombies, je ne l’ai jamais lu. Bref, on commence par une histoire de SF.

L’histoire

SarajaCorpusSanctumJe n’aime pas les chroniques qui dévoilent toute l’histoire aussi pour ne pas dénaturer l’intention de l’auteur, je me limiterai au résumé officiel que l’on trouve sur les plateformes (ici Kobo).

« Il y eut la guerre.

Les hommes étaient allés trop loin dans leur maîtrise du vivant : eugénisme, banque d’organes, immortalité. Scandalisé de n’être qu’une matière première génétique à exploiter, le tiers-monde finit par se révolter. Une société standardisée émergea, plus juste et régulée par des intelligences artificielles, mais lorsque des vagabonds extra-terrestres s’échouèrent sur Terre, il n’y eut d’alternative à l’extermination que d’incinérer le monde.

Bien des années plus tard, Viktor est un scientifique de Gamma, une cité-îlot au cœur des terres brûlées. Au cours d’une attaque des envahisseurs, il est subitement arraché à sa vie médiocre et routinière. En compagnie de Fathya, une marginale aveugle, il dévoilera les plus sombres secrets de sa ville et de son inaccessible dirigeant.« 

Un petit avis

Déjà, c’est bien écrit. L’autoédition traîne dans son sillage une réputation, pas totalement usurpée, de médiocrité et d’amateurisme. Et en lisant la novella d’Olivier, il se dégage du professionnalisme. Aucune idée comment le roman a été écrit, pensé, conçu, mais il y a eu lectures, relectures, corrections, relectures, modifications, c’est à peu près sûr. Les mots sont choisis, sans trop de répétitions, de lourdeurs, le vocabulaire est varié. Bref, difficile de voir la différence avec un roman édité de SF classique. Par contre, je me suis surpris à comparer. Comparer avec ce que j’écris. Un travers que je constate de plus en plus, mais pour « Sanctum Corpus », je n’ai pas arrêté. Surement car l’histoire résonnait énormément avec la saison 2 des Nouvelles noires pour se rire du désespoir. Olivier présente un futur qui, s’il n’est pas forcément proche dans le temps, renvoie à notre présent et évoque des thèmes similaires avec mes nouvelles.

L’histoire se lit d’une traite, sans temps morts, ni creux. Au rayon bémol, je noterais : une introduction un peu trop didactique. Les 20 premières pages expliquent le monde qu’Olivier a créé de manière un petit peu trop scolaire, sans que l’histoire avance vraiment. Pas hyper gênant non plus, on parle de 20 pages pas 150. Concernant les dialogues, j’ai lu, chez certain.e.s autoédité.e.s ou chez Marc Levy, des dialogues absolument indigestes, consternants. Ce n’est pas le cas ici, ils se tiennent bien, enfin je trouve, et sont la plupart du temps cohérents même si parfois, ça frotte un peu. Bon, je mets particulièrement l’accent sur les dialogues dans mes textes, ça doit être pour ça. Il y a ici ou là quelques pavés explicatifs qu’un humain peinerait à lâcher d’une traite. Mais j’insiste, je pense que les dialogues sont bons, c’est vraiment parce que j’ai un toc sur le sujet.

Pour conclure, il se dégage un sentiment très agréable de la lecture, qui fait honneur à l’autoédition et à l’auteur. Le monde créé est crédible, les personnages relativement bien caractérisés, le style se tient très bien, et il n’y a pas de temps morts. Une bonne histoire de SF à vous procurer pour la modique somme de 2 euros sur Kobo, Amazon, FNAC etc.

Se le procurer**

Kobo

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** Si vous avez des liens vers des plateformes indépendantes, je suis preneur.

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