Le goût de la vie – Nouvelles noires pour se rire du désespoir – Volume 1

Nouvelles noires vol1 - Le goût de la vie
16 nouvelles originales, surprenantes, amusantes ou inquiétantes.

Résumé

16 histoires à découvrir.

Un couple cherche à adopter à tout prix, un écrivain qui n’écrit rien, un alcoolique qui se réveille avec un truc sur le nez ou encore ce type qui hait les chiens qui en devient un. Sans oublier cet homme qui découvre le goût de la vie grâce aux femmes.

Mais aussi ces deux jumeaux qui s’entendaient si bien, ce couple condamné, ce type qui se promène avec un fromage ou cet vieil homme qui voudrait apprendre à sourire.

16 nouvelles noires qui dans un style enlevé, parfois drôle, toujours sombre, révèlent la misère et la grandeur de l’être humain.

Avis des lecteurs

C’est beau ! Oh mon dieu , ça mériterait une adaptation en film.

J’adore le style, l’histoire et à quel point c’est réaliste. En plus d’être original !

D’une grande sensibilité, très humain

Ça a un côté poétique et mélancolique qui m’a touché en plein coeur.

Extraits

Quelques extraits, qui donnent le ton, sans dévoiler l’intrigue.


Je n’arrive pas à écrire. Je suis un écrivain qui n’écrit pas. J’écris quelques mots. Quelques phrases. Quelques pages. Quelques chapitres. Mais jamais un livre entier. Jamais. Plus jamais. Pourtant j’aime écrire. J’aime tellement écrire que je ne voudrais faire que ça. Mais je n’y arrive pas. Je suis devenu incapable d’écrire. Incapable d’écrire plus de quinze minutes. J’écris et je fais autre chose. J’écris et je regarde twitter. J’écris et je consulte facebook. J’écris et je vérifie ma messagerie. J’écris et je surfe. J’écris et je n’écris rien. Pas de cohérence, pas de suivi. Ni qualité, ni quantité.

Alors je cherche à débrancher. Je me déconnecte et j’écris. J’écris dans une pièce sans internet. J’écris et je prends un livre. J’écris et je lis un livre. Un livre sur une liseuse. Un livre papier. J’écris et je lis. Je lis et je n’écris plus. Je ne fais que lire. Lire, lire pendant que je n’écris pas. Que je ne conçois pas. Et je m’en veux. Je m’en veux tellement de lire au lieu d’écrire.

Alors je sors de chez moi et je marche. Je marche sans écrire. Je sors de chez moi et je vais dans un endroit sans livre et sans internet. Et j’écris. Et je vais au cinéma. Et je regarde des films plutôt que d’écrire. Et je me sens coupable. Encore à ne pas écrire. Encore à ne pas créer. Encore à subir. Encore à consommer. Au lieu de créer. Je sors encore. Pour marcher. Mais je n’écris pas. Mais je pense. Je pense et je crée. Je crée dans ma tête, mets les mots en place, structure les idées, m’enthousiasme, suis pressé de rentrer, rentrer pour créer, pour écrire. J’arrive chez moi. J’allume le pc. Pour créer. Pour écrire. Quinze minutes. Quinze minutes et je me connecte à internet. Quinze minutes et je tweete. Quinze minutes et je suis sur facebook. Et tout est à recommencer.


S’il n’en reste qu’un, je ne serai peut-être pas celui-là mais ce ne sera surement pas cet enculé de Bastien. Bastien, un prénom de nain qui rime avec rien. Fumier de Bastien. Allez, même s’il n’en reste que 7 milliards 865 millions, Bastien ne sera pas dedans. S’il est chez lui quand j’arrive, il ne sera plus nulle part quand je partirai.

Qu’est-ce que c’est que cette ordure, ce salopard. Bastien par ci, Bastien par là.  J’aime pas bien qu’on me balade. J’aime pas bien qu’on me prenne pour un con.

– Tu connais des gens qui aiment ça toi ?

Hein ? Quoi ?

– Je te demande si tu connais des gens qui aiment être pris pour des cons.

Putain, mais j’entends des voix ou quoi ? J’entends des voix dans ma tête ?

– Tu préférerais entendre dans tes pieds ?

Merde. Qu’est-ce que c’est que cette connerie ?

– Reste poli.

Reste poli, reste poli, je fais ce que je veux, c’est ma tête quand même.


Adam et Eve allaient mourir bientôt. Il aurait fallu un miracle pour sauver Adam, 60 ans, de son cancer généralisé. Personne ne savait pourquoi Eve se mourrait mais les examens étaient limpides, Eve allait mourir bientôt. Cela ferait des beaux titres dans les journaux :

« Adam et Eve se suivent dans la mort ».

« Adam et Eve croquent la pomme ensemble ».

Adam et Eve s’étaient rencontrés, comme beaucoup de couples, à un mariage. Un mariage civil. Adam, aussi athée que pouvait l’être un humain, avait passé la journée à se féliciter de ne pas avoir à supporter les bondieuseries habituelles des mariages religieux. Eve, plus compréhensive, moins énervée de nature, était simplement heureuse de partager le bonheur de ses amis. Et elle le dit à Adam.

Adam, conscient de son égoïsme, se sentit tout petit. Médiocre presque. Mais le regard bienveillant de Eve le bouleversa, le ramena à sa juste taille. Il se sentit non pas grand mais aussi grand qu’il pouvait l’être et peut-être même un peu plus. Dans ce moment de honte, de gêne et de grandeur, Adam tomba éperdument amoureux d’Eve.

Eve, qui lut dans les yeux d’Adam la transformation, en fut tout d’abord intriguée, puis touchée. Adam entreprit de convaincre Eve qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Heureusement pour Adam, Eve s’en était convaincue toute seule.


Papier – 10€

A propos de l’auteur

Valéry BonneauRoman, nouvelles, pièces, scénario ou encore ouvrage sur la technologie, je touche un peu à tout lorsque je n’ai pas les yeux fermés. Entre rire et larmes, je cherche l’histoire qui surprend, le personnage qui interpelle, la situation qui dérange, la formule qui claque, le dialogue qui percute.

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