Je trouve toujours difficile de parler de ses influences. Soit on évoque des livres inconnus et ça ne parle à personne, soit on cite des dieux de la littérature et on passe pour melon man. Mais après tout, pourquoi pas. Alors voici quelques auteurs et ou romans qui ont influencé ce deuxième roman. Pour la plupart, l’influence est diffuse, en filigranes. À part pour un.

Assurance sur la mort

Éric Vidal, le personnage principal, cite le film lors d’une scène de la première partie. Ce film reste un chef-d’œuvre du film noir, genre qui me fascine totalement. Le film noir c’est, selon les puristes un genre qui démarre en 1941 avec Le Faucon Maltais (deuxième version)et se finit en 1958 avec La soif du mal de et avec Orson Welles (quel film). Mais pas un puriste n’est d’accord alors on s’en fout un peu. Reste que cette histoire d’arnaque à l’assurance qui tourne mal – comme toutes les arnaques à l’assurance non – m’a marquée tout gosse. Et chaque visionnage me laisse la même impression de noirceur. Avec mon actrice préférée Barbara Stanwyck, que j’ai réussi à placer dans un Refait Divers Le village Italien où il est interdit de mourir.

Sterling Hayden

Vous ne connaissez peut-être pas cet acteur qui a fleurté avec la célébrité dans les années 40 et 50. Il a joué énormément de loser. Et pas dans des navets hein, “The Asphalt Jungle” de John Huston, “Crime of Passion” de Gerd Oswald avec … Barbara Stanwyck ou encore, surtout, “The Killing” un film de casse absolument exceptionnel de mister Stanley Kubrick. Pourquoi Sterling ? Parce qu’il est grand, volontaire et finit (presque) toujours par perdre. Avec fatalité. Je n’ai pas pensé à lui en écrivant, mais en relisant, il est là.

Robert Ryan

OK, encore un acteur qui date un peu. Vous le connaissez peut-être pour Les 12 salopards. Il est un peu le pendant de Sterling Hayden, mais en mode enfoiré. En mode plutôt gagnant, même s’il prend souvent raclées et finit souvent avec trois balles de buffet. Là non plus, je n’ai pas pensé à lui en écrivant Max Becker le mafieux qui s’en prend à Éric et Hélène, mais il y a de ça. Je ne saurais quel film vous conseiller tant il a brillé, mais vous onnaissez surement “The Wild Bunch” (La horde sauvage) et les douze salopards. Mais allez faire un tour sur “The set up” ou “Act of violence”.

1275 âmes et coup de torchon

Éric ne veut pas se faire remarquer. Il a été éduqué comme ça. Mais petit à petit, il va se libérer, ou s’enferrer c’est selon. Peu de films et de livres m’ont autant influencé que 1275 âmes de Jim Thompson et le chef-d’œuvre qu’en a tiré Bertrand Tavernier dans “Coup de Torchon”. Je ne me réclame pas de tels chef d’œuvres, je me rends juste compte que l’impression, les impressions qu’ils continuent à me faire irriguent ce que j’écris.

Léon

Je sais, il est de bon ton de chier sur Besson, mais d’une je ne chie pas sur les gens publiquement – sauf les politiques, et de deux, je n’ai jamais compris pourquoi il était aussi détesté. Il fait du bien, du moins bien, du nul – et ne me lancer pas sur son Jeanne d’Arc – mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir tout donné au cinéma. Pourquoi Léon ? Parce que j’aime bien cet aspect très léché, calibré, et totalement improbable. On y croit parce que c’est bien fait et pourtant, ça ne tient pas une seconde. Mais tant qu’on y croit, ça me va. Pour toutes les scènes un peu too much du livre, j’ai suivi cette logique. Qu’à défaut de les rendre réalistes, je les rende crédibles – inconsciemment encore une fois, mais en y repensant c’est Léon qui me vient à l’esprit.

Crime et châtiment

Lorsque l’on évoque le roman noir, on ne peut pas passer à côté de Crime et châtiment (ni à côté de Zola, mais c’est une autre histoire). Pourquoi je l’évoque pour Le goût de la haine ? Parce que ce que j’aime le plus dans le roman noir, c’est sa filiation avec la tragédie : “Le héros va mourir, quoi qu’il fasse, c’est écrit, démerdez-vous”. C’est superbement raconté dans le livre de Dostoïevski. Je voulais aussi que dès les premières phrases le lecteur ou la lectrice comprenne que ça n’allait pas bien se mettre, qu’on démarrait les deux pieds dans la merde mais que c’était le moment sympa de l’histoire.

Les mois d’avrils sont meurtriers et Robin Cook

Enfin dernière influence, dans les échanges entre Max et Éric surement, Les mois d’avrils sont meurtriers, le film de Laurent Heynneman avec Jean-Pierre Marielle. Le plus grand film noir français selon moi, et peut-être tout pays confondu. Le face à face entre les deux hommes – le flic et l’assassin- dépasse tout en noirceur, cynisme, ironie. Là encore, c’est inconscient, mais certains passages font référence à leurs échanges, de manière indirecte. Quant à Robin Cook, l’auteur du livre dont c’est inspiré, c’est l’auteur de roman noir le plus pur qui soit. Faites-vous plaisir, lisez tout ce qu’il a écrit (mais ne le confondez pas avec l’autre qui fait des thrillers hospitaliers à la chaine).

Je pourrais lister tous les polars, romans noirs, films que j’ai pu lire ou voir, mais on sortirait un peu du sujet. Tout ce que je lis, vois, m’inspire directement ou indirectement. Et pour ce Goût de la haine, je suis allé piocher dans tout ce qu’il y a avait de plus noir en moi et au-dehors. J’espère que le résultat vous a plu ou vous plaira.

LeGoutDeLaHaine_ValeryBonneau_RomanNoir_Thriller_600_400

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