On en apprend tous les jours. K5 le robot vigile de chez Knightscope vient de se suicider. Bon, ok, la news est à prendre avec des pincettes et on est plus dans le titre pute à clics qu’autre chose. Reste que voici ce que j’écris dans « Mon collègue est un robot » sur ce robot dont la fonction final est quand même plus de filer des pins que d’en prendre. Que les choses soient claires, je n’avais pas prévu qu’il se suicide 🙂 

K5 le robot vigile (ou flic, c’est selon)

En commençant ce livre, j’espérais découvrir des robots cool, innovants, utiles, révolutionnaires. Je savais aussi que j’allais tomber sur des robots flippants. Pas forcément physiquement, même si de ce point de vue aussi il y a ce qu’il faut[1], mais inquiétants par leur comportement.

K5 n’est pas, physiquement, inquiétant. Regardez-moi ça, il est présenté comme une sorte de R2D2. Et tout le monde aime R2D2 non ? Oui, sauf que celui-ci pourrait bien vous envoyer en tôle AVANT que vous n’ayez commencé à chourer le sac de la petite vieille devant vous.

K5_RobotSuicidaire

Eh oui, la société Knightscope fondée par des anciens de Ford Motor a pour but de déployer plein de K5 pour réduire la criminalité.

D’un point de vue robotique, K5 est suréquipé mais à force de voir des robots suréquipés, on en vient à considérer que c’est la norme :

  • GPS, c’est la base, histoire de savoir s’il est sur l’étoile noire ou Tataouine.
  • Un LIDAR 3D pour cartographier la cible. La cible peut être vous. Grâce à son Lidar 3D, K5 remarquera que vous avez un gros ventre, ou qu’un flingue tremblote au bout de votre main.
  • Caméra HD 360 degrés pour pas se prendre un coup de crosse par derrière.
  • Caméra thermique pour les petits malins, en sueur, planqués dans le massif de roses.
  • Caméra à infrarouge pour la vision de nuit. Oui, fini les malfrats qui s’échappent parce que les flics ont des problèmes de vues.
  • Radar pour déterminer la vitesse, l’altitude, la direction des personnes ou objets évoluant autour de lui.
  • Détecteur ultrason pour mesurer les distances, ne pas se cogner, bref se mouvoir à la cool dans les villes.
  • Reconnaissance optique de personne. Il peut scanner des images et les comparer à une liste de visages stockée, au hasard, dans une base de données de personnes recherchées. Amis gangsters, prévoyez une hausse du budget chirurgie esthétique.
  • Enregistrement audio. Enregistrement qu’on pourra surement trafiquer plus tard mais ça…
  • Analyse de comportement : pourquoi êtes-vous allongé alors que tout le monde court ? K5 pourrait considérer que c’est anormal et sévir.
  • Accessoirement, il peut monitorer la qualité de l’air. Pour déterminer la dose de gaz lacrymogène acceptable ?

Bon et alors ? Et alors, ce robot est un robot de surveillance. Il est conçu pour arpenter des zones publiques (école, campus, lieux publics), prévenir les offenses et repérer les comportements suspects. C’est là où ça se corse.

Les données que collecte le robot en temps réel sont analysées par une plateforme prédictive et une base de données dite de « social engagement ». Comprenez que les données seront confrontées à des bases de données gouvernementales. Que si le gouvernement indique que « personne ne doit courir », tous les K2 du monde vont considérer que courir est « suspect » et doit donc être signalé ou traité. La prochaine fois que vous courrez à Disney Land, si vous vous prenez un coup de taser, vous saurez d’où ça vient.

Actuellement, officiellement, le robot ne peut qu’alerter une patrouille d’humains. Mais du radar laser au taser, il n’y a qu’un pas. Et comme on n’a peur de rien, la société qui le commercialise le présente fièrement comme un « descendant » des precog de « Minority Report ». Ces personnes qui permettaient d’arrêter les criminels avant qu’ils ne commettent un crime. Ça promet : vous tirez une tronche de dix mètres de long ? Vous réfléchissez sûrement à un mauvais coup. Au trou ! Vous courrez pour attraper le bus ? Au gnouf. Vous ressemblez étrangement à ce violeur en série ? Un coup de taser dans les parties, dans le doute. Cerise sur le gâteau, la patrouille coûtera, tenez-vous bien, 5 euros de l’heure. C’est en tous cas l’objectif affiché.

Vous imaginez sans peine les dérives que ce type de robot peut engendrer. Mais, allez-vous me dire, ce n’est pas pour demain ? Non, c’est pour aujourd’hui puisque 30 entreprises ont déjà fait part de leur volonté d’acheter des robocop K5 et qu’il patrouille déjà dans la silicon valley. Ami vigile, la reconversion t’attend.

Lien : Knightscope

Video :Une patrouille

[1]Allez jeter un oeil à la vidéo de Morphex juste avant de vous coucher.

Si ça vous a plu, il y en a une quarantaine comme ça dans « Mon collègue est un robot » !

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