Petit extrait de « Mon collègue est un robot » avec un de mes préférés : Yumi. On retrouve donc notre personnage qui se rend compte qu’il y a déjà plein de robots chez Airbus et qui cherche ailleurs. Et ailleurs il y a Yumi…

L’aviation n’embauchera finalement pas tant que ça. Pas grave, les avions, ça ne vous plaisait pas de toute manière. Et puis le travail à la chaîne, il y en a partout, pas que chez Airbus. Oui et partout, vous allez trouver Yumi. Lui, je l’aime particulièrement. Déjà, il s’appelle Yumi. Allez-y, prononcez à l’anglaise : You-mi. You and me. Toi et moi. Ah, ils sont forts dans la robotique pour trouver des noms qui font rêver. « You and me » à Copacabana, « You and me » à Las Vegas ou « You and me » aux Maldives. Non, en fait, ce sera plutôt « You and me » au fond de la mine, ou « You and me » 8 heures par jour derrière la table d’assemblage. Yumi est un « Collaborative robot » ou « cobot ». Un robot, qu’on nous vend comme étant conçu pour collaborer avec les humains. Physiquement, ce machin ressemble à… deux bras. Deux bras qu’on aurait montés à l’envers sur un tout petit torse. C’est
super vexant pour les gens qu’il va remplacer.

« – Alors, qui t’as piqué ton boulot, toi ?
– Moi, c’est une paire de bras.
– Une paire de bras ? Tu veux dire un mec super musclé ?
– Non, non, juste une paire de bras montée à l’envers.
Comme si on avait greffé les bras de Schwarzenegger sur
le torse de Mimi Mathy. »

16 Yumi SD
Et ils font quoi les deux bras ? Déjà, ils sont hyper précis puisque, nous dit son fabricant, le robot pourrait mettre un fil dans le chas d’une aiguille. Si c’était le seul truc qu’il savait faire, Et ils font quoi les deux bras ? Déjà, ils sont hyper précis puisque, nous dit son fabricant, le robot pourrait mettre un fil dans le chas d’une aiguille. Si c’était le seul truc qu’il savait faire, on serait tranquille mais il est plus conçu pour assembler des composants électroniques. Avec précision et rapidité. Comme il a vocation à travailler au milieu des humains, ses bras sont équipés de capteurs* de force. Pour éviter qu’il n’arrache la tête de sa collègue d’un mouvement trop rapide en cherchant à faire rentrer ce satané fil dans cette saleté de chas d’aiguille. Niveau quincaillerie, on parle donc de deux bras, très flexibles, avec plein de degrés de liberté, de mains également très agiles, de caméras et de tout ce que la robotique inclut de plus avancé : capteurs, senseurs, lasers, etc. Le constructeur ABB ne donne pas beaucoup plus d’informations, mais on sait qu’il respecte certaines normes ISO relatives au travail en équipe et en usine, toujours dans l’esprit d’un non-arrachage de tête.

Alors elle est où la collaboration homme-machine ? Là, je vous avoue que je ne la vois pas. On va d’abord installer Yumi au milieu de ses collègues humains. Et super, effectivement, personne ne va se faire dévisser une épaule. Merci. Donc six mois plus tard, on installera un nouveau Yumi, puis encore un autre. Ce machin peut insérer des cartes mère dans un iPhone 365 jours par an, 24 heures sur 24. La collaboration risque donc de ne pas durer très longtemps et Yumi de se retrouver entouré d’autres Yumi uniquement. Quant à vous, l’humain, faudra pas rester là. Techniquement, le robot n’est plus enfermé derrière une cage et ne représente plus un danger physique pour l’être humain. C’est un progrès. Pour l’emploi, un peu moins.

Si l’extrait vous a plu, le livre est disponible en librairie, fnac, amazon et sur le site leslibraires. Vous pouvez trouver d’autres extraits .

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