Mon collègue est un robot

Mon collegue est un robot
Découvrez 40 robots qui sont déjà capables de faire votre travail.

Résumé

Mon collegue est un robot - 4 de couv

Extraits

J’ai mis quelques extraits qui donnent le ton de l’ouvrage. Si tout se passe bien, vous devriez apprendre plein de choses en vous marrant.


Cela fait des années que je saoule tout le monde avec les robots. Sur le credo suivant : demain, tous les robots feront notre travail. Demain, pas après-demain. Et ce sera formidable. Ou horrible. Depuis que je ressasse ce sujet, les progrès ont été fulgurants. Ce qui était encore du domaine de l’innovation est déjà en application. Demain est devenu aujourd’hui. Et chaque jour apporte une nouvelle idée, un nouveau métier dans l’escarcelle des robots, une nouvelle révolution.

Le terme de révolution a été tellement utilisé et galvaudé que j’hésite à l’employer. Pourtant, dans une civilisation fondée sur la valeur « travail », quel plus grand bouleversement pourrait survenir que celui de la disparition du travail pour les humains ? Si ce n’est pas une révolution alors je ne sais pas ce que c’est. La réalité est là, nous sommes devenus les chevaux du XXIe siècle : notre existence est en passe d’être purement décorative. Vous ne me croyez pas ? C’est normal, nous ne pouvons pas y croire. Pourtant, je vous invite à découvrir le robot qui fera votre boulot demain, dans cinq ou vingt ans maximum : ouvrier, cuisinier, médecin, policier, il y a un robot pour chacun d’entre nous. Dans tous les domaines : éducation, santé, défense, société, alimentation, culture.

Je vous invite à l’enterrement de la civilisation du travail. Pour le pire ? Pas forcément, car nous pourrions aussi nous retrouver à bronzer en sirotant un cocktail pendant que les robots feront tout le boulot… Même dans la civilisation de l’absence de travail, le pire n’est jamais certain.


L’aviation n’embauchera finalement pas tant que ça. Pas grave, les avions, ça ne vous plaisait pas de toute manière. Et puis le travail à la chaîne, il y en a partout, pas que chez Airbus. Oui et partout, vous allez trouver Yumi. Lui, je l’aime particulièrement. Déjà, il s’appelle Yumi. Allez-y, prononcez à l’anglaise : You-mi. You and me. Toi et moi. Ah, ils sont forts dans la robotique pour trouver des noms qui font rêver. « You and me » à Copacabana, « You and me » à Las Vegas ou « You and me » aux Maldives. Non, en fait, ce sera plutôt « You and me » au fond de la mine, ou « You and me » 8 heures par jour derrière la table d’assemblage. Yumi est un « Collaborative robot » ou « cobot ». Un robot, qu’on nous vend comme étant conçu pour collaborer avec les humains. Physiquement, ce machin ressemble à… deux bras. Deux bras qu’on aurait montés à l’envers sur un tout petit torse. C’est
super vexant pour les gens qu’il va remplacer.

« – Alors, qui t’as piqué ton boulot, toi ?
– Moi, c’est une paire de bras.
– Une paire de bras ? Tu veux dire un mec super musclé ?
– Non, non, juste une paire de bras montée à l’envers.
Comme si on avait greffé les bras de Schwarzenegger sur
le torse de Mimi Mathy. »

16 Yumi SD
Et ils font quoi les deux bras ? Déjà, ils sont hyper précis puisque, nous dit son fabricant, le robot pourrait mettre un fil dans le chas d’une aiguille. Si c’était le seul truc qu’il savait faire, Et ils font quoi les deux bras ? Déjà, ils sont hyper précis puisque, nous dit son fabricant, le robot pourrait mettre un fil dans le chas d’une aiguille. Si c’était le seul truc qu’il savait faire, on serait tranquille mais il est plus conçu pour assembler des composants électroniques. Avec précision et rapidité. Comme il a vocation à travailler au milieu des humains, ses bras sont équipés de capteurs* de force. Pour éviter qu’il n’arrache la tête de sa collègue d’un mouvement trop rapide en cherchant à faire rentrer ce satané fil dans cette saleté de chas d’aiguille. Niveau quincaillerie, on parle donc de deux bras, très flexibles, avec plein de degrés de liberté, de mains également très agiles, de caméras et de tout ce que la robotique inclut de plus avancé : capteurs, senseurs, lasers, etc. Le constructeur ABB ne donne pas beaucoup plus d’informations, mais on sait qu’il respecte certaines normes ISO relatives au travail en équipe et en usine, toujours dans l’esprit d’un non-arrachage de tête.

Alors elle est où la collaboration homme-machine ? Là, je vous avoue que je ne la vois pas. On va d’abord installer Yumi au milieu de ses collègues humains. Et super, effectivement, personne ne va se faire dévisser une épaule. Merci. Donc six mois plus tard, on installera un nouveau Yumi, puis encore un autre. Ce machin peut insérer des cartes mère dans un iPhone 365 jours par an, 24 heures sur 24. La collaboration risque donc de ne pas durer très longtemps et Yumi de se retrouver entouré d’autres Yumi uniquement. Quant à vous, l’humain, faudra pas rester là. Techniquement, le robot n’est plus enfermé derrière une cage et ne représente plus un danger physique pour l’être humain. C’est un progrès. Pour l’emploi, un peu moins.


Avec tous ces robots qui savent tout faire, on ne sait plus trop s’il faut être très brillant ou très bête pour arriver à leur échapper, pour avoir une chance de préserver son emploi. De vous à moi, votre emploi est cuit, mais nous sommes des humains : aussi aveugles que bornés. Même au bord du précipice, nous continuons à avancer en nous rassurant : « je m’accrocherai à une branche », « je demanderai le chemin en tombant ». Bref, nos emplois sont condamnés, mais nous allons continuer à lutter. Au rayon emploi qui ne demande aucune qualification, il y a « présentateur » ou trice. Alors bien sûr, on vous fait croire depuis des années qu’il faut être journaliste, calé et tout et tout, mais vous savez très bien que c’est faux. Les qualités que demande ce métier ne sont pas du ressort de l’intelligence. C’est autre chose, de moins quantifiable. Voilà un job que les robots ne vont pas nous piquer. Tu seras présentateur, mon fils. Ou pas. Parce que, vous vous doutez bien que si les robots arrivent à imiter Einstein, ce n’est pas pour buter sur Jean-Marc Morandini ou Cyril Hanouna. Eh oui, le créneau des robots présentateurs est déjà pris. Permettez-moi de vous présenter : Kodomoroid et Otonaroid. Kodo, c’est pour enfant et Oto pour adulte. Deux présentatrices robots donc. Lors de leur show inaugural, le 24 juin 2014, Kodomoroid présente les news et Otoroid discute avec la foule de journalistes.

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Le résultat est troublant : Kodomoroid ressemble à une adolescente qui aurait subi de la chirurgie esthétique. Un peu comme si on avait infligé au visage de Miley Cyrus, les opérations d’Arielle Dombasle. Forcément, le rendu est particulier. Mais pour le discours, la diction, c’est-à-dire ce qu’on attend d’un présentateur, c’est nickel. Difficile de se rendre compte en japonais si les robotes ont les mêmes tics de diction que nos présentateurs européens mais c’est sûrement programmable. Alors comment ça marche ? Il y a, comme dans la plupart des robots modernes, des servosmoteurs pour gérer les mouvements, des degrés de libertés pour permettre aux différents membres de bouger, mais ici on a rajouté de l’air comprimé, du silicone et des faux muscles pour imiter l’humain. Marrant hein ? On obtient ainsi un gémonoïde : croisement de gémeaux et de droïdes.

53 geminoid SD

Le responsable, c’est Hiroshi Ishiguro, une pointure dans le monde de la robotique, directeur du Intelligent Robotics Laboratory de l’université d’Osaka, rien que ça. Mais attention parce qu’on a un sérieux candidat pour le prix du barge de la semaine : Kodomoroid (la gamine) lui a demandé pendant la conférence de presse s’il ne commençait pas à ressembler à un robot. Parce qu’il a un peu la gueule d’un Bogdanov. Un Bogdanov doit se sentir seul, donc il s’est créé son jumeau. Oui, regardez là à côté de lui ? C’est lui. Lui qui ? Son jumeau, suivez un peu. Les réunions de familles doivent valoir le détour. Encore un emploi à oublier. Et en attendant de prendre le contrôle de M6 ou TF1, nos deux robots sont au Musée national des sciences émergentes et de l’innovation de Tokyo. Mais ce n’est qu’une question de mois avant de les voir sur vos écrans.


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